Etre à la fois trompettiste et chanteur rend les choses difficiles si l'on veut pratiquer les deux en même temps. N'ayant jamais pu trancher, Bola Johnson a durant toute sa carrière opté pour l'alternance. Idem pour l'expression musicale.
Formé à l'école traditionnelle mais engraissé au calypso, au funk, et surtout au highlife ghanéen, il n'a jamais hésité à sauter d'une sage ondulation de bassin à de sauvages coups de rein afrobeat.
Une sorte de gendre idéal doublé d'un blouson noir yoruba. Toujours bien alimentées en guitare, les aventures de cet oublié de Lagos sont excavées des archives de la division africaine de Philips. Distillés sur deux cds ces morceaux renferment derrière leur son bourru et rêche une grosse grappe de grooves charnus et gravement épidémiques.